Mercredi 06 Avril 2011

C’est le titre que je pourrais donner à cette chronique, si je fais référence aux critiques éblouissantes qui ont été faites sur l’éclairage public de la ville de Sancerre lors du dernier Conseil Municipal, considérant qu’à Sancerre, il fait plus clair la nuit que le jour et que la lumière, tellement puissante, constitue une pollution visuelle qui représente des frais considérables.
Sans vouloir continuer dans cette controverse, je dirais que, dans chaque domaine, il faut raison garder et que la démonstration par l’excès n’est pas forcément la plus judicieuse. Je souhaiterais donc apporter quelques informations sur notre gestion de l’éclairage public.
Au fil des années, Sancerre améliore progressivement ses réseaux d’eau, d’assainissement, réseaux téléphoniques et électriques. Lors de ces rénovations, nous sommes progressivement amenés à remplacer des équipements urbains tels que les mâts, les candélabres, poternes et autres lanternes. Ce renouvellement du matériel entraîne des améliorations qui, par des installations récentes et modernes, nous permettent d’obtenir un meilleur rendement pour un coût de fonctionnement moindre. Nous avons pratiquement équipé toute la ville d’ampoules basse consommation, ce qui veut dire un meilleur éclairage et moins de dépenses au final. Ajoutez à cela un éclairage de mise en valeur des rues, places et coeur historique de Sancerre dans sa globalité. Cette réalisation est équipée de lampes spéciales qu’on appelle L.E.D., qui permettent des lumières à couleurs changeantes de très basse consommation. Cette réalisation a été une volonté de l’ensemble du Conseil Municipal, il y maintenant cinq ans, pour valoriser la ville, donner un coup d’oeil différent sur les quartiers à visiter en soirée. Le projet a pu s’accomplir grâce à un montage financier exceptionnel avec 80% de subventions (Etat, Région, Département, S.D.E. 18), disposition que l’on ne pourrait plus assurer aujourd’hui. Ces lumières sont, pour la plupart, déconnectées de l’éclairage public ; elles s’éteignent, en fonction de la saison, à 22h jusqu’en avril, puis 23h jusqu’à fin juin, et minuit en juillet et août puis, en avançant dans la saison, on redescend progressivement. N’oublions pas que Sancerre reste une ville touristique reconnue et labellisée, qu’elle a une activité nocturne et tardive et que, pour les bars, les restaurants, les établissements de nuits et la clientèle, on se doit, pour des raisons d’accueil et de sécurité, de maintenir un certain éclairage. Observé sur les dernières années, le budget « éclairage public » est relativement constant, il subit seulement l’augmentation de l’énergie électrique imposée à chacun de nous. Dans beaucoup de communes, aujourd’hui encore, la critique vient plutôt d’un manque d’éclairage urbain, mais à Sancerre il y aurait trop de lumière ! C’est le paradoxe Sancerrois. La commission de l’urbanisme réfléchit tout de même sur l’éventualité de couper la lumière de 1h à 6h du matin.
Si tel est le cas, nous devrons nous habituer à nous guider la nuit par les astres et, en la matière, cela tombe bien, puisque Sancerre compte depuis quelques semaines une nouvelle belle et bonne étoile qui brille au dessus du restaurant de La Tour, magnifique récompense décernée par le guide Michelin au jeune Baptiste Fournier.
Repéré l’année dernière par le Gault et Millau parmi les jeunes chefs espoirs de la cuisine française, Baptiste confirme cette année avec cette remarquable distinction. Surpris et ravi, l’heureux récompensé n’en revient pas ; il semble vivre un rêve qui le propulse brutalement dans la cour des grands. Tout cela ne tient pas uniquement au hasard, mais s’explique par une solide formation : école de cuisine à Saint-Amand-Montrond, puis deux ans chez Guy Savoy à Paris, un an chez les frères Pourcel à Montpellier, puis un an de découverte de l’art culinaire en Asie, et retour en France chez Alain Passard, le roi des légumes, pendant deux ans, avant de revenir chez son père Daniel Fournier à La Tour, où Baptiste forme une brigade de
jeunes cuisiniers aussi motivés que lui, et auxquels il transmet ses connaissances, son expérience et surtout beaucoup d’enthousiasme et de dynamisme, tout en gardant sa simplicité et son sourire. Nul doute que ce jeune chef Sancerrois, qui a la tête bien sur les épaules, sera en capacité de gérer son établissement avec tout le sérieux et la dimension qu’on lui connait. Cette étoile est la première grande récompense en matière de reconnaissance culinaire obtenue par un de nos restaurateurs locaux. Pour une ville comme Sancerre, dont les atouts terroirs sont déjà très forts et connus du monde entier, cela permet d’étoffer sa palette en matière d’offre ; c’est un vrai bonheur, gage d’une notoriété à faire découvrir et, pour l’ensemble du territoire, un pôle d’attraction percutant qui doit générer de l’activité sur toute la région. Baptiste, toutes nos félicitations ! Ne change rien de ta simplicité, reste toi-même et continue de nous faire rêver par les sens.
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